En Birmanie, les rickshaws résistent à l’arrivée de Über

En Birmanie, les rickshaws résistent à l’arrivée de Über

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Elément du décor des rues d’Asie du Sud-Est ou d’Inde, le rickshaw, vélo à l’arrière duquel est aménagé un espace passager, résiste à l’arrivée des véhicules Über dans les rues de Birmanie.

« Je n’aimerais pas conduire une voiture. Mais avec un rickshaw, je peux me faire un passage comme je veux », explique Aung Ba, 60 ans, perché sur son triporteur.

Il est l’un des 25.000 conducteurs officiels de rickshaws de Rangoun que l’on peut voir zigzaguer au milieu des embouteillages monstre de Rangoun, la capitale économique birmane.

Cela fait trente ans qu’il pédale, pour un salaire de 10.000 kyats par jour (environ six euros).

Avec le développement du trafic des voitures ces dernières années, les artères principales sont les plus dangereuses, mais Aung Ba dit encore réussir à s’y faufiler.

Certains jouent aussi les livreurs, transportant des victuailles comme des régimes de bananes entre les barges du port de Rangoun et les marchés du centre-ville.

D’autres fixent à leur rickshaw des tiges de bambou, utilisées pour construire des échafaudages, qui dépassent dangereusement de plusieurs mètres devant et derrière leur vélo.

Certains les « customisent », avec un bouquet de fleurs en plastique sur le guidon, ou améliorent le confort de leurs passagers avec un siège passager en simili cuir.

D’autres choisissent de faire fabriquer leur rickshaw façon side-car de moto, ce qui leur permet de transporter des quantités importantes de paquets en tous genres.

« Je trouve toujours des moyens d’améliorer mes rickshaws… J’adore ce métier », explique Aye Zaw, fabricant de ces triporteurs depuis trente ans.

Il a commencé à travailler dans l’atelier familial à 16 ans et a vu en l’espace de quelques années les artères calmes de Rangoun arriver à saturation, avec l’ouverture de ce pays longtemps coupé du monde pendant des décennies de junte militaire.

Cela s’est traduit par l’importation en masse de voitures étrangères, sans que les infrastructures routières de Rangoun ne suivent.

Récemment, des initiatives pour désengorger la ville se sont multipliées, sans grand effet jusqu’ici: construction de bretelles, rénovation de la ligne de train circulaire ou mise en place de navettes fluviales.

Dans l’atelier de Aye Zaw, le premier modèle de rickshaw coûte 430.000 kyats (moins de 300 euros), mais avec une petite rallonge les clients peuvent obtenir une version customisée, avec des ornements en métal.

Les commandes se maintiennent, malgré la concurrence aujourd’hui des taxis et véhicules Über, que les habitants de Rangoun ont pris l’habitude de réserver sur leurs smartphones depuis quelques mois.

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