Cameroun: l’opposition fustige une « forte militarisation » des régions anglophones

Cameroun: l’opposition fustige une « forte militarisation » des régions anglophones

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Le secrétaire général du Front démocratique social (SDF), principal parti d’opposition au Cameroun, Jean Tsomelou, a fustigé jeudi la « forte militarisation » des régions anglophones du pays où le gouvernement a déployé des « milliers » d’hommes pour y combattre les séparatistes.

« Les régions du nord-ouest et du sud-ouest sont fortement militarisées », a affirmé M. Tsomelou dans un entretien à l’AFP, estimant que la situation est « inquiétante ». « Nous voyons toutes les exactions commises sur les populations », a-t-il affirmé.

« Nous avons observé des mouvements de troupes dans les deux régions. Le gouvernement a parlé de milliers (d’hommes) qui sont dans le sud-ouest et le nord-ouest », a-t-il souligné.

« Nous déplorons les pertes en vies humaines des deux côtés (civils et forces de sécurité et de défense) alors que c’est un problème qui pouvait être résolu dans le dialogue », selon lui.

Il s’est indigné que policiers et gendarmes aient « tiré à balles réelles sur des populations qui n’avaient en main que l’arbre de la paix » en septembre et octobre.

Sénateur SDF et francophone, M. Tsomelou a accusé le président camerounais Paul Biya d’avoir « laissé pourrir la situation » pour déclarer la guerre aux séparatistes anglophones, là où la crise aurait pu être résolue « par un dialogue inclusif ».

« Nous sommes à un an (après le début de la crise anglophone) et lui-même (M. Biya) ne fait rien (pour le dialogue) », a-t-il insisté, précisant que le SDF « condamne » la partition du pays.

Le principal parti d’opposition a toujours prôné le fédéralisme comme une frange de la population anglophone et francophone.

Les députés et sénateurs de cette formation veulent se rendre prochainement dans les zones anglophones pour demander aux populations de « se calmer et d’attendre qu’on puisse trouver une solution pacifique », selon M. Tsomelou.

Début décembre, l’ONU s’était dite « vivement préoccupées » par les allégations d’exactions et de tortures perpétrées par les forces de sécurité camerounaises, qui seraient « très répandues ».

Depuis novembre 2016, la minorité anglophone du Cameroun – environ 20% des 23 millions d’habitants – proteste contre sa marginalisation, certains exigeant le fédéralisme, d’autres la sécession. Le régime de Yaoundé rejette ces deux options.

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