Neymar, magie du Brésil et produit d’image

Neymar, magie du Brésil et produit d’image

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Ses dribbles de pré-adolescent envoûtaient déjà les internautes. Quelques années plus tard, sur le point de signer au PSG, Neymar est devenu une star mondiale, une ascension fulgurante due à son talent et à son sens exacerbé du marketing.

Tout va très vite dans le football, surtout lui. Venu du futsal, il signe son premier contrat à 13 ans, devient pro à 17 et père à 19. L’éphèbe à crête entre aussitôt dans l’histoire de Santos en portant le club mythique de Pelé jusqu’au sacre en Copa Libertadores 2011.

L’industrie Neymar se met en place, avec à sa tête son père, Neymar Sr, négociateur madré, malgré quelques embardées judiciaires – transfert controversé et fraude fiscale.

A 21 ans, « Neymar Jr » remporte la Coupe des Confédérations 2013, dont il finit Ballon d’Or. Une éclaircie dans son histoire avec la Seleçao par ailleurs frustrante. La jeune star est d’abord ignorée par le sélectionneur pour le Mondial-2010. « Faites comme Dunga: ne prenez pas de crack », ironisent des supporters en jouant sur le double sens de « crack » (drogue et star).

En Copa America, c’est l’échec, élimination en quarts en 2011 et 2015. Au Mondial-2014 à domicile, Neymar répond aux attentes mais se blesse en quart de finale. Absent du fameux 7-1 infligé par l’Allemagne en demi, il est du coup un des rares à sortir indemne du fiasco.

Il devient surtout celui qui offre au Brésil le dernier trophée qui lui manquait, l’or olympique. Après une finale perdue aux JO-2012 à Londres, le capitaine encadre avec maestria la jeune génération pour atteindre le triomphe à Rio en 2016. Il réussit même le tir au but vainqueur contre l’Allemagne en finale (1-1 a.p., 5-4 t.a.b.) et s’écroule en larmes sur la pelouse.

– Pelé/Ronaldinho, Messi/CR7 -« J’ai tant de souvenirs au Maracana, et aujourd’hui un nouveau s’est créé. Quelle finale parfaite pour les JO ! », réagit Pelé, pionnier brésilien de la Coupe du monde.

Et déjà affleure la comparaison de Neymar avec le « Roi »… ou avec Ronaldinho, depuis une sorte de passage de témoin lors d’un Santos-Flamengo (4-5) en 2011, que les deux joueurs éclaboussent de leur talent.

Avec en prime quelques buts d’anthologie, entre celui récompensé du Prix Puskas 2011, marqué lors du Santos-Flamengo justement, et celui inscrit contre Villarreal fin 2015, enchaînant coup du sombrero en se retournant et volée. A 25 ans, il est déjà le 4e meilleur buteur de la Seleçao (52 buts en 77 capes).

Depuis 2013, « Ney » s’épanouit à Barcelone au sein de la « MSN », au côtés de Luis Suarez et Lionel Messi. Avec ce dernier, se noue une complicité plutôt qu’une rivalité. Le Brésilien décroche ce qu’il était venu chercher à Barcelone: la Ligue des champions, lors d’une année 2015 faste marquée par le triplé C1-Liga-Coupe d’Espagne.

Mais surtout, consécration, il se hisse auprès des intouchables Messi et Cristiano Ronaldo: Neymar finit ex-aequo avec eux en tête du classement des buteurs de la C1 2014-2015 en totalisant 10 buts, dont le dernier de la finale (3-1 contre la Juventus). Et il se poste troisième, juste derrière eux, au classement du Ballon d’Or 2015. Il change ainsi de dimension pour s’installer durablement dans le top 5 de la classe mondiale.

– Marque mondiale -Si sa saison 2016-2017 est moins flamboyante, il aura été le principal artisan de la déjà légendaire « remontada » aux dépens du PSG en Ligue des champions (6-1 après une défaite 4-0 à Paris), avec un doublé et une passe décisive. Il avait justement été le premier à croire en l’exploit en postant cet aphorisme: « Tant qu’on aura 1% de chances, on y croira à 99% ».

Mais le joueur Neymar, ailier gauche spectaculaire et décisif, se double du personnage Neymar: cet homme à traits fins, voix douce et sourire sucré, est un monstre de marketing. L’ado qui électrisait ses groupies, les « neymarzetes », vire à la marque mondiale.

Pour le glamour, il révèle sa relation avec la starlette brésilienne Bruna Marquezine et met sur la place publique jusqu’aux palinodies d’une romance très papier glacé. Sa personnalité est aussi lisse que son look bariolé – vêtements et accessoires bling-bling, coiffures étudiées, tatouages à foison. L’un montre sur son épaule le visage de sa soeur, Rafaella Beckran, également appréciée par les paparazzis, pour d’autres atouts.

Marque mondiale ? En février 2013, le Time Magazine américain le consacre « futur Pelé ». Et il est désigné dès 2012 et 2013 sportif au plus grand potentiel marketing du monde par la revue américaine Sports Pro, qui combine plusieurs critères (potentiel financier, âge, charisme, volonté de monnayer son image etc.). Neymar reste le premier footballeur du classement en 2014 et 2015, avant d’être devancé par Paul Pogba.

Publicités, produits dérivés, partenariats commerciaux… Il est le cinquième meilleur vendeur de maillots du monde en 2016, selon le revendeur britannique Kitbag, et le seul footballeur à gagner plus en contrats commerciaux qu’en salaire, selon le magazine américain Forbes.

Cet évangéliste fervent a aussi une fondation à son nom, à vocation sociale – de quoi modérer le profil purement business.

Il totalise plus de 30 millions de suiveurs sur Twitter, autour de 60 sur Facebook et environ 78 sur Instagram. A ce jeu virtuel, seul Cristiano Ronaldo le devance. Neymar veut devenir le N.1, et pas seulement virtuellement.

 

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