Présidentielle au Nigeria: l’opposition accuse le gouvernement de préparer des fraudes

Présidentielle au Nigeria: l’opposition accuse le gouvernement de préparer des fraudes

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Le principal parti d’opposition a accusé mardi le gouvernement nigérian de « contrôler » la Commission électorale et de préparer des fraudes massives lors du scrutin de samedi. 

« Les Nigérians savent très bien que l’INEC (Commission électorale indépendante) est sous contrôle total du gouvernement », a déclaré Uche Secondus, le directeur de campagne du Parti Populaire Démocratique (PDP), lors d’une réunion d’urgence, suite au report de la présidentielle initialement prévue le 16 février. 

L’ambiance était très tendue dans la salle où s’étaient réunis tous les leaders du parti de l’opposition, dont le candidat Atiku Abubakar, présenté comme le « prochain président de la République Fédérale du Nigeria ». 

Secondus a directement accusé le Congrès des Progressistes (APC) d’organiser des fraudes massives. « Nous avons la preuve que plus d’un million d’électeurs fantômes vont voter pour ces élections », a-t-il affirmé, sans dire quelles étaient ces preuves exactement. 

Il a également accusé l’INEC d’avoir installé de nombreux bureaux de vote le long des frontières avec le Niger et le Cameroun, pour faire voter des ressortissants étrangers. 

Enfin, le directeur de campagne a affirmé que le programme informatique de l’INEC avait été infiltré par des virus. « L’INEC doit nettoyer son système avant le 23 février », a insisté Secondus. 

Lundi, l’APC a également tenu une réunion extraordinaire, où le président Muhammadu Buhari a appelé l’armée à être « sans pitié » contre les fraudeurs. 

« Ça sera probablement le dernier acte criminel qu’il (le fraudeur) commettra », a martelé l’ancien général, qui avait déjà dirigé le Nigeria en 1983 pendant les dictatures militaires. 

Cet appel a été perçu comme un appel à la haine et aux crimes extra-judiciaires, dans un pays instable où les violences post-électorales sont communes. 

Le report des élections présidentielle, législatives et sénatoriales du 16 au 23 février marque un très clair changement de ton entre les deux principaux partis, qui s’accusent mutuellement de saboter le scrutin. 

En 2011, les élections générales avaient été retardées deux fois. Le Nigeria s’était ensuite embrasé dans des violences post-électorales entre chrétiens et musulmans qui avaient fait plus de 1.000 morts à travers le pays.

En 2015, le gouvernement du président Goodluck Jonathan avait également reporté le scrutin de six semaines, arguant des problèmes de sécurité dans le Nord-Est, après des années d’enlisement du conflit contre les jihadistes de Boko Haram.

Il avait perdu contre Muhammadu Buhari et accepté presque aussitôt sa défaite, marquant la première transition de l’opposition dans ce pays de 190 millions d’habitants. 

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