RDC : 12 blessés graves dans l’attaque d’un camp de déplacés

RDC : 12 blessés graves dans l’attaque d’un camp de déplacés

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Douze personnes ont été grièvement blessées dans l’attaque d’un camp de déplacés par une milice dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), a-t-on appris mardi de sources locales.

L’attaque, survenue dans la nuit de dimanche à lundi à Lagabo, en Province orientale dans le district de l’Ituri, frontalier de l’Ouganda, a suscité de nouveaux appels aux Forces armées de la RDC (FARDC) et aux Casques bleus de la Mission de l’ONU au Congo (Monusco) pour qu’ils assurent la protection des civils.

« Une centaine de miliciens FRPI (Forces révolutionnaires patriotiques de l’Ituri, ndlr) ont fait une incursion dans le camp de déplacés de Lagabo », à une trentaine de kilomètres au sud de Bunia, la capitale de l’Ituri, a déclaré à l’AFP le porte-parole des déplacés, Norbert Longa.

« Armés de fusils et de machettes », les assaillants « ont grièvement blessé douze personnes », violé une femme et pillé pendant plusieurs heures, a ajouté M. Longa, affirmant que « les éléments FARDC postés à proximité du site », qui accueille selon lui 5.000 personnes, « n’ont pas voulu intervenir ».

Alexandre Peke Kaliaki, chef de la collectivité de Walendu-Bindi, qui englobe Lagabo, a confirmé les propos de M. Longa.

« Je demande le renforcement des effectifs [militaires et policiers] dans toute la contrée » pour lutter contre les FRPI, dont les attaques récurrentes sont « un frein au développement », a-t-il dit à l’AFP.

La situation dans le sud de l’Ituri « reste critique », a indiqué à l’AFP Maurizio Giuliano, chef du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) pour la Province orientale. « Nous assistons à des actions de guérilla incessantes, avec des attaques fréquentes des parties belligérantes contre la population civile, marquées de manière caractéristique par une violence extrême ».

« Nous espérons que l’État congolais et la Monusco seront capables d’intensifier leurs efforts en vue de mettre fin à toutes les violences contre les civils […] quels qu’en soient les auteurs », a ajouté M. Giuliano, basé à Bunia.

La Monusco avait déploré en février une recrudescence des violences dans le sud de l’Ituri commises notamment par les  FRPI, l’une des nombreuses milices qui se sont affrontées en Ituri de 1999 à 2007 sur des bases essentiellement ethniques pour le partage des richesses naturelles de la région (au premier rang desquelles l’or).

Plusieurs milliers de combattants du groupe avaient été démobilisés et intégrés à l’armée congolaise de 2004 à 2006, mais la milice s’est reformée à partir de la fin 2007.

L’est de la RDC, où s’active une cinquantaine de milices, est déchiré par des conflits depuis plus de vingt ans. L’armée et la Monusco (forte de près de 20.000 Casques bleus) sont régulièrement accusées de passivité face à la violence qui gangrène la région, en dépit des efforts internationaux déployés depuis des années pour tenter de la stabiliser.

Dans un rapport publié vendredi, l’organisation humanitaire internationale Oxfam relève que les atteintes aux droits de l’Homme restent « monnaie courante » dans l’est de la RDC du fait d’exactions commises contre les civils par des groupes armés et des membres des forces de l’ordre.

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