Volkswagen rabote le salaire de dirigeants du comité d’entreprise

Volkswagen rabote le salaire de dirigeants du comité d’entreprise

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Le constructeur automobile allemand Volkswagen a plafonné les salaires de cadres de son comité d’entreprise, a-t-on appris vendredi, alors qu’une enquête judiciaire est en cours sur des soupçons de versements excessifs à certains représentants du personnel.

De manière rétroactive à compter de début décembre, quatorze éminents et anciens membres du comité d’entreprise, avec Bernd Osterloh à sa tête depuis 2005, vont dorénavant percevoir un salaire fortement revu à la baisse. Il va correspondre à la tranche supérieure prévue dans la convention de branche, au lieu de se situer bien au-dessus.

« Nous regrettons que les membres de notre comité d’entreprise et les représentants de l’entreprise soient exposés à cette situation », a déclaré vendredi le patron de Volkswagen Matthias Müller dans un communiqué. Il a ajouté que 90% des membres du CE de Volkswagen n’étaient pas concernés par cette mesure.

Le salaire de base annuel de Bernd Osterloh, personnage incontournable dans le groupe VW, s’est élevé jusqu’à présent à 200.000 euros selon ses propres déclarations, citées par DPA. Une fois plafonné, il s’élève à environ 96.000 euros. Aux temps des bénéfices pléthoriques de VW, sa rémunération incluant la part variable liée au bonus a pu atteindre 750.000 euros.

Le parquet de Brunswick (ouest) avait confirmé en mai dernier avoir lancé une enquête pour fraude présumée en lien avec la rémunération d’une activité au comité d’entreprise, la dilapidation des fonds d’une entreprise étant considérée en Allemagne comme un délit.

Ces investigations ne visent pas Bernd Osterloh.

En novembre, des perquisitions ont été menées dans les bureaux de hauts dirigeants de Volkswagen, à savoir le directeur financier Frank Witter et le directeur du personnel Karlheinz Blessing.

« Nous aspirons avec énergie à une clarification juridique », a ajouté M. Müller, alors que le groupe automobile a toujours clamé que son système de rémunération des membres du comité d’entreprise respectait les dispositions en vigueur en Allemagne.

Un avis partagé par Stephan Weil, président de la région de Basse-Saxe, actionnaire à 20% de Volkswagen, qui a dit « partager l’opinion générale selon laquelle les dispositions légales sur la +rémunération+ des membres de comités d’entreprise doivent être révisées et rendues plus concrètes », selon un communiqué vendredi.

Le passé de VW a déjà été marqué par une autre affaire ayant mêlé l’ancienne direction du personnel, accusée d’avoir « acheté » le vote des représentants de salariés pour mener certaines restructurations.

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