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Brésil: sous la pression judiciaire, Bolsonaro contre-attaque

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L’étau judiciaire se resserre autour de Jair Bolsonaro, mais le président brésilien, loin de rentrer dans le rang, continue de multiplier les attaques contre les institutions, pour remobiliser ses troupes à l’heure d’une érosion importante de sa popularité.

La plupart des analystes estiment que les risques de destitution du président d’extrême droite restent infimes, grâce aux soutiens importants dont il bénéficie au Parlement. Certains pensent qu’il pourrait être inéligible pour un nouveau mandat. 

Et sa réélection est loin d’être assurée: sa popularité est au plus bas — notamment en raison de sa gestion chaotique de la crise du coronavirus — et les derniers sondages le donnent largement perdant face à l’ex-président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva au scrutin de 2022.

Le début de semaine a été agité, avec l’annonce de l’ouverture de deux enquêtes contre lui par les plus hautes instances judiciaires du pays.

Lundi, le Tribunal Supérieur électoral (TSE) a lâché une première bombe: les allégations constantes de Jair Bolsonaro contre le système de vote électronique l’exposent à des poursuites pour “abus de pouvoir politique et économique”.

Si l’enquête prouve que des délits ont été commis avant son élection, en 2018, son mandat pourrait être annulé, une option jugée peu probable par les spécialistes.

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– Alliance stratégique –

“Ce serait le scénario le plus risqué pour le président, mais il reste peu de temps pour qu’une telle procédure aboutisse” avant le terme de son mandat fin 2022, explique à l’AFP Acacio Miranda da Silva Filho, constitutionnaliste à l’université Faculdades Metropolitanas Unidas.

Mais s’il est établi que Jair Bolsonaro a enfreint le droit électoral durant son mandat, il pourrait être déclaré inéligible par le TSE pour le scrutin de 2022. 

Mercredi, c’est un juge de la Cour suprême qui a ordonné l’ouverture d’une autre enquête contre le président, pour dissémination de fausses informations sur les urnes électroniques.

Cette affaire pourrait lui coûter son mandat, mais deux facteurs rendent sa destitution improbable. 

Pour que la procédure aboutisse, il faut d’abord que le chef de l’Etat soit mis en accusation par le procureur-général Augusto Aras, qui est justement un proche allié de Jair Bolsonaro.

Et même si cette étape est franchie, l’ouverture d’un procès doit être validée par les deux tiers de la Chambre des députés, option aussi très peu probable, du moins à l’heure actuelle.

Mais les déboires se sont accumulés. En juillet la Cour suprême déjà avait ordonné l’ouverture d’une enquête contre le président, soupçonné d’avoir fermé les yeux sur des dénonciations de corruption dans l’achat de vaccins anticovid. 

Et sa gestion de la crise sanitaire, calamiteuse pour les épidémiologistes, est passée au peigne fin par une commission d’enquête du Sénat. L’impact est désastreux pour l’image de son gouvernement. 

Pour limiter tout risque de destitution, le président a renforcé ses liens avec le “Centrao”, nébuleuse de partis de centre et de droite qui monnayent traditionnellement leur soutien au Parlement contre divers avantages.  

Pour sceller ce pacte, il a nommé la semaine dernière l’un de leurs chefs de file, Ciro Nogueira, à un poste-clé de son gouvernement, la Casa Civil, mi-chef de cabinet, mi-Premier ministre.

– Attaques virulentes –

“Bolsonaro est sur la défensive et doit jouer sur deux tableaux. C’est comme au football: d’un côté, il essaie de se ‘blinder’ avec le Centrao, de l’autre il contre-attaque en critiquant le système électoral”, explique Paulo Baia, politologue de l’Université Fédérale de Rio de Janeiro.

Lire aussi : Coronavirus au Brésil: le Sénat va bientôt enquêter sur la gestion de Jair Bolsonaro

Et il est de plus en plus virulent. 

“Ou nous faisons des élections propres au Brésil, ou il n’y aura pas d’élections”, a-t-il lancé il y a trois semaines.

L’escalade s’est poursuivie après l’annonce de l’ouverture des enquêtes du TSE et de la Cour suprême.

“Ces enquêtes n’ont aucun fondement juridique. Si on ne joue pas dans les règles de la Constitution, la réponse doit aussi venir d’en dehors du cadre de la Constitution”, a-t-il menacé mercredi sur une radio.

Paulo Baia juge cependant peu probable l’hypothèse d’un coup d’Etat. “Même si les militaires peuvent lui déclarer leur soutien dans un premier temps, je ne les vois pas se lancer dans une aventure putschiste”, dit-il.

Mais Jair Bolsonaro n’a pas l’intention de baisser les armes et compte bien mobiliser son noyau dur de partisans. “Mon armée, c’est le peuple brésilien”, a-t-il lancé par visioconférence aux milliers de manifestants qui protestaient contre le vote électronique dimanche dernier.

Il est toutefois loin de faire l’unanimité. Jeudi, 260 personnalités influentes, chefs d’entreprises, économistes et leaders religieux, ont publié un manifeste en défense du système électoral actuel. 

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