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Covid-19: où en est-on des traitements?

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Alors que le laboratoire Pfizer a annoncé, par voie de presse, l’innocuité et l’efficacité de son vaccin pour les 5-11 ans, la vaccination contre le Covid-19 reste l’alpha et l’oméga de la plupart des politiques publiques. Bien qu’un traitement efficace ne soit toujours pas disponible, la recherche se poursuit.

Plus d’un an et demi après le début de la pandémie de Covid-19, il n’existe toujours pas de traitement efficace, généralisé et abordable. La stratégie de repositionnement de médicaments déjà existants n’a en effet pas été concluante. Développer une nouvelle molécule prend du temps ; face à l’urgence, ce sont ainsi des produits déjà utilisés pour traiter d’autres maladies qui ont été testés contre le Covid-19.

Là, qu’il s’agisse d’antirétroviraux contre le VIH (lopniavir-ritonavir), du remdesivir développé à la base contre Ebola, de l’antiparasitaire ivermectine ou de l’antipaludéen hydroxychloroquine, et de nombreux autres, les essais cliniques, les méta-analyses, se suivent et se ressemblent : rien ne fonctionne quel que soit le stade de la maladie. Aujourd’hui, tout juste dispose-t-on de la déxaméthasone, un corticoïde répandu. Utile lors de la phase inflammatoire de la maladie, il permet de réduire de 30% la mortalité des patients admis en service de réanimation.

Développer des anticorps de synthèse

Face à l’échec du repositionnement, il faut donc développer un nouveau traitement en partant de zéro. C’est un processus long, cher, compliqué et sans garantie de résultats, mais pourtant nécessaire. Deux pistes principales sont suivies. La première concerne les anticorps monoclonaux. « Ils sont conçus pour cibler spécifiquement la protéine S du coronavirus », explique Anne-Geneviève Marcellin, cheffe du service de virologie de l’hôpital AP-HP de la Pitié-Salpêtrière. La protéine S est en effet la clef qu’utilise le SARS-CoV-2 pour pénétrer dans les cellules qu’il infecte. « Elle est située à la surface du virus. Ces anticorps neutralisent donc la capacité du virus à entrer dans les cellules ». Ils ont deux indications principales : « On peut les utiliser en curatif, mais aussi en préventif. Ces anticorps empêchent le virus de se fixer sur la cellule et bloquent donc tout début d’infection. »

Il existe aujourd’hui deux thérapies principales utilisant cette technique. L’une développée par Regeneron avait notamment été administrée à Donald Trump lorsqu’il avait contracté le Covid-19. La seconde est une bithérapie mise au point par le laboratoire américain Lilly. Malheureusement, si des premiers résultats intéressants avaient été annoncés, l’émergence du variant Delta l’a rendue inefficace et cette solution est désormais abandonnée. Cela n’empêche pas le développement d’autres thérapies basées sur les anticorps monoclonaux, notamment par le laboratoire AstraZeneca. Cela dit, il est difficile d’imaginer qu’ils puissent un jour faire office de traitement de masse contre le Covid-19. Ils nécessitent en effet d’être injectés et sont chers.

Vers une pilule anti-Covid ?

L’autre domaine de recherche permet d’éviter cet écueil : il s’agit des antiviraux. « Le but serait d’avoir un traitement facile à prendre, par voie orale, dès qu’on a des symptômes ou lorsque l’on a été exposé à quelqu’un de malade », explique Karine Lacombe, qui dirige le service des maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Antoine. « S’il permet de diminuer de façon significative le risque d’être hospitalisé et donc de faire une forme grave et décéder, ce serait l’idéal. » Cela dit, rien ne dit que l’on y parviendra tant la tâche est ardue. Plusieurs se sont tout de même lancés dans la course et on attend prochainement des résultats d’essais cliniques.

Les laboratoires Merck (molnupiravir) et Roche (AT 527) doivent en effet publier les leurs d’ici à la fin de l’année. Leurs molécules ont pour objectif d’empêcher la réplication du virus une fois dans notre organisme. C’est le but recherché également par Pfizer, pour qui les résultats sont cette fois attendus durant le premier trimestre 2022. Si ces résultats sont concluants, il faudra cependant ensuite attendre leur validation par les autorités sanitaires, ce qui, dans le meilleur des cas, ne permettra pas de voir ces médicaments arriver sur les étals des pharmacies avant le milieu de l’année prochaine.

L’intérêt des antidépresseurs

Enfin, dans la pharmacopée actuelle, mis à part la déxaméthasone, une autre classe de médicaments suscite l’intérêt. Il s’agit des antidépresseurs, qui pourrait avoir un effet contre le Covid-19. Plusieurs études vont dans ce sens, mais demandent néanmoins confirmation et notamment un essai clinique en bonne et due forme. L’inclusion de la fluoxétine, plus connue sous le nom de Prozac, est ainsi à l’étude dans le cadre de l’essai Anticov, mené en Afrique sub-saharienne. Elle pourrait être testée dans les semaines à venir.

Avec RFi

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