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France: évacuation d’un important campement de migrants au pied du Stade de France

Les forces de l’ordre ont évacué mardi un vaste campement de migrants situé près de Paris, au pied du Stade de France, où environ 3.000 personnes s’étaient progressivement installées depuis août, a constaté une journaliste de l’AFP.

Encadrée par un important dispositif policier, l’opération d’évacuation en autobus et de mise à l’abri des exilés vers divers centres d’accueil et gymnases de la région parisienne a commencé tôt le matin.

Le campement insalubre, où plusieurs centaines de tentes étaient installées, était majoritairement constitué d’hommes seuls, essentiellement originaires d’Afghanistan, mais également du Soudan, d’Éthiopie et de Somalie. Beaucoup, essentiellement des demandeurs d’asile, sont auparavant passés par d’autres campements en périphérie de Paris, successivement démantelés, mais qui se recréent un peu plus loin, en banlieue nord. 

“3.000 personnes, dont 400 en famille, ont été prises en charge (…) et se sont vu proposer une situation d’hébergement d’urgence”, ont déclaré mardi soir les autorités.

“Je ne sais pas où je vais, ce sera sûrement loin de Paris et pour peu de temps, mais je préfère ça que de rester dans ces conditions, même si c’est stressant”, a expliqué à l’AFP Elyaas Ehsas, un Afghan de 27 ans, installé depuis octobre dans le campement.

Selon Utopia56, “environ 800 personnes” exilées n’ont pas pu monter dans des autobus faute de place et ont été contraintes de se disperser par les forces de l’ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogène.

“Même à (la “jungle”) de Calais, j’ai jamais vu ça: c’était rien que du gazage et de la violence”, a dénoncé Yann Manzi, co-fondateur de cette association, qui a déploré une “désorganisation” et un dispositif “mal dimensionné” qui contraignent ces migrants à “errer” dans les rues mardi soir.

“Ces camps ne sont pas acceptables”, a justifié plus tôt devant la presse le préfet de police de Paris, Didier Lallement, en précisant que l’opération visait à mettre “à l’abri”, les “personnes en situation régulière” alors que “celles en situation irrégulière n’ont pas vocation à rester sur le territoire”.

“C’est vraiment le pire campement qu’on ait vu depuis plusieurs années”, a expliqué Alix Geoffroy, employée du CEDRE-Secours catholique, un centre d’aide aux demandeurs d’asile, en se demandant si le prochain ne serait pas “encore plus éloigné de Paris, loin en banlieue, et plus difficile”.

Toutes les personnes prises en charge feront dans un premier temps l’objet d’un test au Covid-19 dans des centres de dépistage régionaux, avant d’être, soit isolées dans un premier temps en cas de résultat positif, soit immédiatement mises à l’abri. 

Depuis la crise migratoire de 2015, c’est le 65e démantèlement de grande ampleur en Ile-de-France, pour près de 300 opérations dites de “mise à l’abri”.

Une trentaine d’associations et collectifs (Cimade, Secours catholique, Solidarité Migrants Wilson…) ont dénoncé dans un communiqué “un cycle sans fin et destructeur”.

“Depuis cinq ans, les évacuations se sont répétées, malgré les dysfonctionnements du système d’hébergement qui les accompagne (…). Aujourd’hui, les autorités continuent d’organiser ces opérations alors que les 65 précédentes ont prouvé qu’elles étaient inefficaces, et que leur seul effet était de disperser les personnes”, ont écrit les associations.

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