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France: un enseignant en grève de la faim pour la régularisation d’un jeune Malien

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Un enseignant français a entamé lundi son dixième jour de grève de la faim pour obtenir la régularisation d’un jeune Malien tout juste majeur placé chez lui en famille d’accueil depuis deux ans.

“Je ne m’alimente plus, je bois des tisanes, pour avoir quelque chose de chaud. Je suis fatigué mais hyper motivé à aller jusqu’au bout pour Madama”, témoigne auprès de l’AFP Éric Durupt, enseignant dans un lycée du Puy-en-Velay (centre), suivi médicalement.

“C’est notre dernier recours, je ne lâcherai rien”, ajoute l’enseignant qui dit avoir perdu six kilos depuis qu’il a entamé sa grève, le 30 janvier.

En décembre 2018, Madama Diawara, 16 ans, arrivé du Mali quelques mois plus tôt après avoir traversé la Méditerranée puis les Alpes, a été accueilli par M. Durupt et sa compagne, également enseignante.

Le jeune homme a été scolarisé, puis inscrit dans un établissement pour obtenir un diplôme d’ouvrier agricole. Il a effectué un premier stage chez un couple d’éleveurs en juin 2020 puis s’est vu proposer un contrat d’apprentissage.

“C’est un gamin qui veut s’intégrer, l’élevage l’intéresse, il a toujours eu un cursus scolaire régulier et il est motivé”, témoigne Martine Vigouroux, éleveuse de moutons, qui souhaite le prendre comme apprenti.

Mais la préfecture refuse de délivrer l’autorisation de travail nécessaire au jeune homme, majeur depuis janvier 2020, affirmant que Madama Diawara avait présenté de “faux papiers d’identité” et mettant également en doute sa minorité à son arrivée en France.

Des élèves du lycée où enseigne M. Durupt ont organisé un sit-in vendredi dans la cour du lycée en soutien à sa démarche.

Au début de l’année, un boulanger de l’est de la France s’était mis en grève de la faim pour obtenir la régularisation de son apprenti guinéen, Laye Fodé Traoré, sur le point d’être expulsé.

Une pétition en faveur du jeune Guinéen, lancée par son patron, avait recueilli plus de 242.000 signatures, et des personnalités du monde politique, syndical, artistique ou littéraire dont Omar Sy, Nicolas Hulot et Marion Cotillard avaient appelé le président français Emmanuel Macron à “aider le boulanger de Besançon en grève de la faim”. L’apprenti boulanger a été régularisé mi-janvier.

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