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Tchad: au moins 24 militaires tués dans une attaque de Boko Haram

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Au moins 24 militaires tchadiens ont été tués et plusieurs blessés mercredi dans une attaque de Boko Haram dans la région du lac Tchad, près de la frontière avec le Cameroun, en proie à de nombreuses incursions jihadistes.

“Les éléments de retour d’une patrouille se reposaient quand ils ont été attaqués par Boko Haram”, a déclaré à l’AFP Haki Djiddi, le sous-préfet de la région de Bagasola.

“24 militaires ont été tués, plusieurs ont été blessés et d’autres militaires se sont éparpillés dans la nature”, a-t-il précisé.

L’attaque, qui a eu lieu sur l’île de Tchoukou Telia, à 190 km au nord-ouest de N’Djamena, a été confirmée à l’AFP par le porte-parole de l’armée, le général Azem Bermandoa Agouna, qui a refusé de communiquer un quelconque bilan.

“Trois secteurs de l’armée tchadienne ont rejoint les éléments qui ont essuyé l’attaque hier”, a déclaré à l’AFP Mahamat Fodoul Makay, gouverneur de la province du Lac.

Le lac Tchad est une vaste étendue d’eau et de marécages parsemée d’îlots habités dans l’Ouest, dont certains sont des repaires du groupe nigérian Boko Haram ou de sa branche dissidente, l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap, selon l’acronyme en anglais). 

Les autorités tchadiennes appellent indifféremment “Boko Haram” ces deux groupes, qui y attaquent régulièrement l’armée et les civils. 

En mars 2020, une centaine de soldats tchadiens avaient été tués en une nuit par le groupe Boko Haram, sur la presqu’île de Bohoma, dans la province du Lac, où se trouve une base de l’armée tchadienne. 

Le président Idriss Déby Itno avait lancé en avril 2020 une offensive militaire contre les jihadistes dans la région en représailles, jusqu’en profondeur au Niger et au Nigeria, et avait affirmé qu’il n’y avait “plus un seul jihadiste sur l’ensemble de la zone insulaire”. Mais les attaques contre les militaires et les civils se sont poursuivies dans la région.

Le maréchal Déby est mort en avril 2021 lors de combats contre un groupe rebelle. Son fils Mahamat Idriss Déby Itno, à la tête d’un Conseil militaire de transition, lui a succédé.

– multiplication des attaques –

Dans cette zone à la frontière du Tchad, du Nigeria, du Cameroun et du Niger, les attaques se sont multipliées ces derniers mois, les jihadistes profitant de leur connaissance de ce terrain marécageux.

Les jihadistes ont également multiplié ces dernières années les attaques meurtrières contre les forces de sécurité et les civils dans l’extrême-nord du Cameroun. 

Fin juillet, Boko Haram a lancé plusieurs attaques dans la région. Le 24 juillet, au moins six soldats camerounais avaient été tués à Sagmé, à quelques dizaines de kilomètres de la frontière avec le Nigeria. Trois jours plus tard, cinq militaires et un civil avaient été tués dans la même région de l’extrême nord.

La rébellion de Boko Haram a éclaté en 2009 dans le Nord-Est du Nigeria avant de se propager dans les pays voisins. Depuis, plus de 36.000 personnes (principalement au Nigeria) ont été tuées, et 3 millions ont dû fuir leur domicile, selon l’ONU.

En 2016, le groupe s’est scindé en deux branches: la faction dirigée par son chef historique, Abubakar Shekau, et l’Iswap, affilié au groupe Etat islamique (EI).

Boko Haram a confirmé en juin la mort d’Abubakar Shekau, dans des combats contre l’Iswap.

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